A CHAIR DE PEAUX Alexandre & John Gailla
Alexandre et John Gailla, nés à Vevey en Suisse il y a 30 ans, se caractérisent par un talent trouble. Ces jumeaux sont d’abord passés par une phase de différenciation plastique pour parvenir à affirmer leur identité singulière. L’un a étudié aux États Unis, à San Francisco puis à l’I.C.P de New York, l’autre est resté en Suisse.
Leurs études terminées, ils se sont mis à créer des œuvres signées de leurs deux prénoms.
Leur « Dyptique », des portraits de dos (œuvres réalisées par transfert photographique), donne le la en jouant sur l’indéfinissable et sur les rapprochements entre peinture et photographie. Une œuvre qui surligne un sentiment très contemporain associant la peur de l’usurpation identitaire à la recherche d’une identité formelle. Alexandre & John Gailla développent des portraits anonymes qui manifestent ce trouble : visage humain perdu, comme les repères qui permettraient de se représenter la position sociale du portraituré. Une galerie d’individus quasi-semblables qui dépasse la dépossession d’une identité clairement identifiable pour focaliser... sur l’épiderme.
A contrario des œuvres de Vanessa Beecroft, des clones de Gilles Barbier ou des sculptures des frères Jake et Dino Chapman, les corps ne sont pas chez les Gailla des constructions mutantes monstrueuses ou des avatars, encore moins dans une hybridation avec un animal ou quoi que ce soit d’autre. Ils sont avant tout des surfaces, des replis, des traces d’une mémoire de l’individu. La texture de la peau est ici la matière première et unique. Ainsi Alex et John Gailla rejoignent plus les préoccupations d’un artiste comme Patrick van Caeckenbergh, collectionneur de photographies de peaux en plan rapproché.
retrouvez toutes les informations sur le site des artistes : alexjohngailla.blogspot.com
